Economie

Tshopo : Sans moratoire de 12 mois, les territoires enclavés risquent d’étouffer, Mateus KANGA LONDIMO alerte sur l’interdiction des baleinières en bois

KISANGANI – L’interdiction annoncée des baleinières en bois sur les voies navigables de la République démocratique du Congo, prévue à partir du 15 novembre, suscite des inquiétudes dans la province de la Tshopo. Face aux risques de perturbation du transport fluvial et des activités économiques, le président de l’Assemblée provinciale, Mateus KANGA, plaide pour un moratoire de 12 mois afin de permettre aux propriétaires de ces embarcations de s’adapter à la nouvelle réglementation.

Dans cette province où le fleuve Congo et de nombreuses rivières constituent des axes essentiels de communication, le transport fluvial demeure indispensable pour relier plusieurs localités, notamment les zones enclavées. Les baleinières en bois assurent le déplacement des personnes ainsi que l’acheminement des marchandises et des produits de première nécessité.

Pour Mateus Kanga, une application immédiate de cette mesure pourrait fragiliser les populations qui dépendent fortement de ces embarcations pour leurs activités quotidiennes. Il estime qu’un délai supplémentaire permettrait aux opérateurs de prendre les dispositions nécessaires sans provoquer de perturbations majeures dans les échanges commerciaux et la mobilité des habitants.

« Il ne faut pas sacrifier les territoires enclavés dont la survie sociale et économique dépend largement du fleuve », estime-t-il.

Tout en reconnaissant la nécessité de renforcer la sécurité sur les voies navigables, le président de l’Assemblée provinciale de la Tshopo propose une approche progressive. Il préconise notamment l’interdiction du transport de passagers à bord des baleinières en bois, afin de contribuer à la réduction des accidents fluviaux et des pertes en vies humaines.

Cette proposition vise à concilier les impératifs de sécurité avec les réalités socio-économiques des provinces où les infrastructures routières restent insuffisantes et où les cours d’eau constituent parfois les seules voies de communication accessibles.

L’interdiction annoncée par les autorités nationales relance ainsi le débat sur les moyens de moderniser le transport fluvial en RDC sans pénaliser les populations qui en dépendent. Pour les propriétaires de baleinières, une transition progressive pourrait permettre d’anticiper les changements réglementaires et d’envisager des solutions adaptées à leurs capacités financières.

À l’approche de la date annoncée du 15 novembre, les acteurs concernés attendent davantage de précisions sur les modalités d’application de cette mesure ainsi que sur les éventuels mécanismes d’accompagnement.

Dans la Tshopo, l’enjeu est donc double : renforcer la sécurité des usagers du fleuve tout en préservant la mobilité des populations et la continuité des activités économiques dans les territoires enclavés.

Rédaction

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Ben BUKASA

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